Témoignage Québec

Our Blue Home est le projet de 10 jeunes participants à l’atelier photo de la Maison de Jeunes la Bicoque. A travers la réalisation d’un documentaire, les jeunes ont voulu échanger et partager leurs expériences, réalités, questionnements et engagements en tant que jeunes citoyens confrontés à la crise climatique.

La thématique principale de ce documentaire : l’engagement des jeunes vers un monde plus
respectueux de l’environnement, vers un monde durable. Ce projet est une aventure, une expérience collective et créative où l’écologie et l’avenir des jeunes est au centre des préoccupations. A travers les différentes marches climatiques qui ont eu lieu un peu partout dans le monde les jeunes réclament des mesures politiques d’envergure pour pouvoir envisager leur avenir plus sereinement.

Les jeunes de l’atelier photo de la Bicoque ont participé à cette démarche citoyenne, ils se sont mobilisés
en participant aux marches, en interviewant et photographiant les autres jeunes lors de ces journées
climatiques mais ils n’ont pas souhaité en rester là !

Le projet de ce groupe de jeunes est d’échanger avec d’autres jeunes en Belgique et au Québec pour créer une parole commune. Avant leur départ, le groupe de jeunes photographes a récolté quelques interviews et portraits de jeunes Belges participant à des initiatives qui luttent pour un monde durable. Ensuite, le groupe est parti rencontrer de jeunes Québécois engagés et découvrir des initiatives écocitoyennes. De ces rencontres et découvertes les jeunes ont réalisé des vidéos et photos.

Témoignages des jeunes de la Bicoque

Témoignage de Marie D et Baptiste 
« Lors de la rencontre avec J.O, (JEAN-OLIVIER PAQUIN | Agent de mobilisation), nous avons abordé énormément de sujets, et il nous a beaucoup parlé de son engagement et de ses projets. Nous en sommes tous ressortis en pensant à ce que nous, nous avions comme but à accomplir, et ce qu’on pouvait mettre en oeuvre pour les réaliser. Il nous a démontré que l’âge n’a rien à voir avec la motivation et la réalisation des projets qui nous tiennent à cœur. On a aussi pu se rendre compte plus facilement des comparaisons avec la Belgique en écoutant les histoires de J.O où il racontait parfois sa manière de vivre, et faire quelques similitudes, notamment par rapport à Oxfam, qui est aussi présent au Québec et qui a aussi une branche de magasin tenu par des élèves, comme en Belgique. Nous avons passé une journée et demi avec Jasmin et Fatima (autrement appelé Fafa et Jaja). Cette rencontre a été vraiment bénéfique pour nous parce qu’on a pu se rendre compte de la réelle ampleur mondiale que les problèmes climatiques prennent dans notre société : on se bouge tout autant voire plus à l’autre bout de la planète pour ces problèmes, il y a donc une chance qu’ensemble, on y arrive. Ils ont pu aussi nous expliquer comment ça se passait chez eux les marches climatiques : il y en a beaucoup moins souvent qu’en Belgique, mais elles ont un engouement plus imposant, surtout au Québec. De plus, tous les deux viennent de milieux différents : Jasmin vient d’un petit village des montagnes, tandis que Fatima est beaucoup plus citadine et vient de Montréal ; ils sont cependant tous les deux super engagés, ce qui nous motive à l’être tout autant qu’eux, petits citadins liégeois que nous sommes. Et, grâce à Jasmin, on a entendu parler du groupe “extinction rébellion” qui s’est installé en Belgique peu de temps avant notre départ (juillet 2019).

J’ai adoré ce voyage au Québec. On a découvert beaucoup de personnes intéressantes, des gens motivés et qui partagent les mêmes valeurs que nous. On a découvert des alternatives engageantes, qui pourraient être reprises dans notre pays (les quartiers nourriciers, par exemple). De plus, ça a été pour nous un vrai challenge de monter un projet de a à z pour partir, et malgré les différences d’opinions qu’on pouvait avoir sur certains points, on a réussi à tous s’entendre et tous avoir notre place au sein du groupe. On a aussi appris quelques techniques en photographie, mais surtout en vidéo et en cadrage de caméra, et on continuera d’apprendre grâce au montage de notre vidéo, qui sera encore un nouveau challenge pour nous. En bref, ce voyage est une réussite grâce à ses découvertes, tant écologiques qu’humaines et techniques. Il restera gravé dans ma tête pour de longues années. »

Témoignage de Miled et Wissem 
« La rencontre avec Alix était simple, c’était vraiment une discussion. Elle a apporté un regard plus global sur la situation écologique, c’était intéressant d’avoir un discours différent. Elle proposait des projets concrets, pas seulement des actions. Son engagement était fort, ce qui nous donne envie de nous bouger au-delà des « petits gestes quotidiens ».

Son analyse était très réaliste, un peu « négative » par rapport à la situation actuelle mais justement très porteuse d’espoir car elle était dans l’acceptation et non dans la résignation. Nous avons eu l’occasion de parler des associations scoutes du Québec et de comparer avec nos propres mouvements de jeunesse. En fait, Alix nous a permis de voir que la prise de conscience ne dépend pas de l’âge ou de la situation, mais concerne tout le monde (même Coca-Cola).

Nous avons embarqué caméra et micro pour interroger les Montréalais. Nous n’avons rencontré ni climato-septique, ni quelqu’un qui n’était pas conscientisé. Tout le monde semblait sensibilisé. La plupart des interrogés étaient même impliqués dans des mouvements. Grâce au questionnaire sur les habitudes écologiques que nous avions écrit au préalable, nous avons pu constater qu’en fait, beaucoup faisaient déjà des actions simples chez eux.
De plus, les rues de Montréal sont très différentes des nôtres. Il y avait beaucoup de friperies, de petits magasins indépendants et même un café-restaurant coopératif, le Touski, près du quartier vert. Ce café propose des plats à base de produits équitables, issus du circuit court. Le personnel n’a pas de patron, l’objectif étant de responsabiliser chacun et d’apprendre la confiance en l’autre. Une équipe soudée nous a accueillis chaleureusement. Nous avons interviewé l’un des serveurs, qui nous a expliqué concrètement le fonctionnement de cette coopérative.
Nous pouvons conclure que le projet a été très bénéfique pour nous, tant pour la réalisation de notre vidéo qu’au niveau humain. Nous avons beaucoup appris des personnes que nous avons rencontrées et nous avons quelques pistes pour à notre tour, initier des projets en Belgique. Le Québec a une longueur d’avance, notamment grâce à la mobilisation générale. Leur gouvernement ne les soutient pas comme ils l’aimeraient mais ne les empêche pas de mettre en place des actions. Nous croyons fermement que nous pourrons faire une passerelle entre le Canada et nous grâce à notre vidéo.

Jasmin et Fatima nous proposaient beaucoup d’actions, tandis qu’Alix parlait beaucoup de projets. Ainsi, nous avons réalisé que notre vidéo ne sera pas qu’un reportage, mais aussi une vraie action et un vrai projet. Grâce à tous ces gens que nous avons rencontrés, nous avons pu voir qu’il est possible de faire mieux, chacun à son rythme. Il n’y a pas besoin d’une figure médiatique, chacun peut être leader du mouvement. »

Témoignage de Maaike et Lèna 
« Le quartier nourricier : deux responsables nous ont fait visiter les aménagements du projet. Pour commencer, nous avons découverts les ruelles vertes. Cette initiative consiste à ralentir les voitures et à diminuer les nombre de stationnements dans les ruelles. Afin que les enfants puissent jouer dehors sans danger. De plus, ils voulaient végétaliser cette endroit et le rendre agréable. Suite à ça des artistes du quartier ont proposés leurs talents pour décorer les ruelles.

Ensuite, on a visité la cour de l’école où une multitude de potagers étaient installés. Vu que ce sont les élèves qui s’en occupent, cela les pousse à découvrir la nature. De plus, ils ont aussi installé un mur végétal dans la cours.
A l’entrée du quartier, l’association a ouvert un magasin, dans lequel se vendent des fruits et légumes qui sont cultiver dans la serre se trouvant deux pas, à côté d’un chalet qui peut accueillir les habitants du quartier durant la journée et qui a été imaginer avec des jeunes.

Comme en Belgique, il y a un mouvement, les incroyables comestibles, qui consiste à mettre des bacs de potagers un peu partout, où les gens peuvent se servir librement. A Liège, il y a quelques petits projets similaires mais nous n’avons pas l’impression qu’ils apportent beaucoup de changements et de verdures, contrairement aux projets du quartier nourricier.

Grâce à cette visite, nous nous sommes rendu compte que si on donnait un peu plus d’ampleur à nos projets, végétaliser la ville n’est pas si compliqué.

La rencontre avec Alix : nous avons discuté avec Alix, elle s’est présentée et a ensuite expliqué son engagement face à la cause climatique. Elle nous a expliqué qu’elle faisait partie de plusieurs petits groupes, dont celui qui a porté plainte contre le gouvernement pour cause d’inaction face à l’urgence climatique.
Suite à ça, on s’est rendu compte qu’il était plus efficace d’agir en groupe, car même si l’ont fait des choses de son côté les plus grosses actions vont être réalisées ensemble et mieux vues et entendues. »

Témoignage de Marie S et Emma 

« Lors de notre voyage nous avons fait notamment la rencontre de deux jeunes Canadiens, Fatima et Jasmin. Cette rencontre a été très enrichissante pour nous et notre projet. Le fait de rencontrer des jeunes nous permet d’encore mieux voir les point communs et différences entre Belgique et Canada. Nous avons d’ailleurs beaucoup appris sur l’histoire, les coutumes et même le ”langage” du Québec.

Nous avons pu constater que ceux deux jeunes étaient très engagés dans la lutte pour le climat, pour ma part ça a été très rassurant et motivant pour le combat que nous, les jeunes de Belgique, essayons de mener car ça m’a permis de voir que ce combat pour notre avenir pouvait nous rassembler même si nous vivions sur des continents différents. J’ai pu prendre conscience de l’ampleur et de la force que cette lutte pouvait avoir mais aussi que nous étions tous concernés. En plus de tout ça, les deux jeunes que nous avons rencontrés sont de super jeunes qui correspondaient très bien à notre état d’esprits et on a su découvrir Montréal autrement. Nous avons eu aussi l’occasion de faire la rencontre de jeunes d’une maison de jeunes de Verchére. Grâce à cette rencontre nous avons pu voir les différences et similitudes qu’il y a avait entre une maison de jeunes du Canada et la nôtre en Belgique. Cela nous a d’ailleurs permis de réfléchir à notre maison de jeunes et d’avoir des réflexions que nous n’avions
jamais vraiment encore eues. Même si le but de cette rencontre a été de découvrir et d’en apprendre sur une maison de jeunes au Canada, cela nous a aussi permis d’en apprendre encore plus sur notre propre maison de jeunes en trouvant les différences et similitudes et aussi de revenir peut-être avec des idées du Canada pour encore l’améliorer. C’était enrichissant pour le rapport entre Belgique et Canada mais je trouve aussi que nous avons pu voir autre chose du Canada et aussi mieux comprendre ce que voulait dire le mot ”nature” là-bas. Pouvoir prendre conscience de la raison du combat que nous menons.

En conclusion, ce qui a fait que ce voyage a été aussi enrichissant sur le plan culturel, social, environnemental sont les rencontres que nous y avons faites. L’environnement comme nous le voyons est un sujet qui touche beaucoup et qui est mené par beaucoup de jeunes alors quoi de mieux pour comprendre ce qui nous lie d’aller à la rencontre de jeunes qui vivent de l’autre côté de la planète, de la maison que nous voulons protéger. Our blue home, notre maison bleue, je pense que ce titre convient très bien car même si elle est très grande, même si les cultures diffèrent, notre but est de la sauver et nous sommes prêt à aller à la rencontre de l’autre pour apprendre et faire encore mieux».